LES LISIÈRES
France, 2023En bout de piste, une vallée et son village. Depuis deux ans, je m’y installe régulièrement et chaque fois, l’endroit m’invite à m’égarer dans un intervalle à la lisière entre réalité et imaginaire. Là, depuis un certain temps, un collectif d’agriculteurices expérimente des pratiques qui se souviennent de la mémoire des ruisseaux, du feulement des loups et de l’ombre des vents. Pour repeupler nos imaginaires de ces nouveaux récits, la quête est complexe et inventive. Qui sont ces autres, ces non-domestiqués à poils, plumes et feuilles, ces affranchis agissant sur le monde et le rendant habitable?
En s’implantant au cœur de la vallée, le collectif goûte à ces solidarités plurielles. On va pister les semeurs de graines, chercher les eaux cachées ou guetter les castors en plein chantier. La cohabitation s’installe. D’autres versions du réel, de l’ordre de l’étrange et du merveilleux viennent alors ouvrir des brèches et les gestes des humains s’hybrident.
LES LISIÈRES cherche l’expérience du sensible. Les images convoquent l’idée de relation entre ces existences multiples. Je quête la trace charnelle de ces résonances à l’aide de différents outils photographiques et caméra piège. La vision n’est pas complètement exacte, parfois irradiée, spectrale. Les temps sont suspendus.
Au fil du récit, une tension délicate se tisse vers un espace de métamorphose. Point de bascule entre le soi intérieur et l’au-dehors. Une immersion tranquille dans l’harmonie de ces mondes qui se trouvent et se retrouvent.

(EXTRACTS)









